ثقافة A l'initiative de l'ATPCC: Présentation d'un livre sur le cinéma amateur tunisien et Volonté d'exhumer les films amateurs de l'oubli
«Regards sur le cinéma amateur tunisien» tel est le titre d’un récent ouvrage qui a été édité conjointement par l'association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (l’ATPCC) et les Editions Sahar.
C’est lors d’une rencontre qui a eu lieu le 14 novembre 2024 à la Cinémathèque tunisienne que le livre a été présenté à l’initiative de l’association. Il s’agit d’un ouvrage collectif qui a été coordonné par Ons Kamoun et Kamel Ben Ouanès.
La présidente de l'ATPCC Ons Kamoun a commencé par présenter la démarche du livre qui s'inscrit dans une logique de promotion et d'encouragement de la production critique sur les films amateurs tunisiens et en présentant son sommaire:

De son côté Kamel Ben Ounès membre de l’association et ancien président de l'ATPCC a estimé que l'association renaît de ses cendres mais qu’elle désire malgré les difficultés financières, la désaffection de l’association, encourager les gens à la rejoindre. « J’estime, dis Ben Ounès, qu’il n’y a pas de cinéma digne de ce nom sans critique. Un grand film est celui qui rencontre une bonne critique, une critique de qualité. Sans prétention, nous continuons à qualifier ou à nommer notre association pour la promotion de la critique mais il fait davantage de disponibilité, de moyens, tout cela nous manque. L’ATPCC n’a pas de siège, ni de budget et nous sommes des nomades. Heureusement que la Cinémathèque nous accueille, je tiens à remercier le CNCI et la cinémathèque ; malgré toutes les difficultés, nous continuons à exister, à faire preuve de résilience, à travailler ». Ben Ounaès rajoute « qu’en plus du livre qui se trouve entre vos mains, nous avons déjà deux ouvrages prêts pour l’édition, un livre sur Jilani Saadi et l’autre sur Abdellatif Ben Ammar, et un troisième projet sur Sadok Ben Aicha. Concernant le projet d’aujourd’hui, nous devons remercier monsieur Mohamed Salah Rassaa de Sahar Editions. Nous comptons également, à l’occasion de la rétrospective qui sera rendu à Jilani Saâdi lors de la prochaine édition des JCC, éditer le deuxième ouvrage sur Jilani Saâdi ».

Concernant l’importance du cinéma amateur dans le paysage cinématographique tunisien, Ben Ouanès estime que « nous devons absolument travailler sur notre cinéma national en focalisant, en faisant une sorte de monographie critique de nos cinéastes, en revisitant la mémoire de notre cinéma. C’est quelque chose de fondamental. On ne peut pas prétendre vouloir suivre le cinéma tunisien si on n’a pas au préalable une connaissance de toute la filmographie du cinéma tunisien. Nous estimons que cet effort mérite d’être soutenu d’abord et en premier lieu par les cinéphiles et par les critiques qui voudraient bien nous rejoindre".
Enfin, Kamel Ben Ouanès a adressé une sorte d'appel pour la revalorisation du cinéma amateur en avançant que: "Le cinéma amateur mérite d’être revisité, il y a plus que 1000 films et au moins une centaine de films de grande qualité qui traduisent parfaitement toute l’histoire de notre pays ; la mémoire devrait être décryptée dans le cinéma amateur. Plusieurs films méritent d’être exhumés de l’oubli et doivent se hisser au rang de la filmographie officielle du cinéma tunisien. La critique a un rôle fondamental, vital pour que cela reste suffisamment ancré dans la mémoire non seulement des cinéphiles mais de l’ensemble de la population tunisienne ».
La séance de présentation du livre fuit suivie par la projection d’un ensemble de films amateurs représentatifs de différentes générations de réalisateurs amateurs et dont voici la liste :
-Extase (Nachwa) de Hamadi Bouabid
-Seuils Interdits de Ridha Behi
-Mansour et le Régime de Mohamed Bouhjar et Kawther Ben Henia et Slim Amamou
-Le Cuirassé Abdelkerim de Walid Matar
-Dénouement de Anouar Lahouar
-Fils de Pauvreté de Nidhal Ben Hassine
Chiraz Ben M'rad